(almost) 40 – chroniques d’une adulescente – part. 2

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« Sois fidèle à toi-même et à tes sentiments. Ce sont les seules choses qui ne te mentiront jamais. »

Part. 2

Je suis loyale. Trop (sans doute). D’une loyauté indéfectible.

Quitte à rester en cage.

« Les loyautés.

Ce sont des liens invisibles qui nous attachent aux autres – aux morts comme aux vivants -, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l’écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d’ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de nos mémoires.

Ce sont les lois de l’enfance qui sommeillent à l’intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous nous tenons droits, les fondements qui nous permettent de résister, les principes illisibles qui nous rongent et nous enferment.

Nos ailes et nos carcans.

Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves. »

Delphine de Vigan

Quand je m’engage, je suis comme un Marines. J’ai la même devise « Semper Fi », toujours fidèle.

Mais… (il y a toujours un « mais » sinon je serais encore à siroter une grenadine dans le monde des Bisounours)

Mais la véritable loyauté envers les autres n’est possible que si l’on est entièrement loyal envers soi-même.

(l’arnaqueuse !)

C’est qu’on ne m’a rien dit à moi ! Ça devait être en option dans la distribution des cartes à la naissance.

Tracer une limite, c’est se construire une prison.

Quand t’es gosse, tu ne connais pas la limite. Tu passes des pactes avec toi-même invisibles et silencieux, tu t’entêtes, tu ignores les signaux gros un camion, les sirènes qui crient à tue-tête, ta petite voix qui fait un boucan d’enfer, les « erreurs 404 » qui créent des courts-circuits dans ton système solaire (je me demande comment mon citron n’a pas pété les plombs). C’est flashdance dans ta tête.

Pas de panique ! Autodéfense activée. Tu mets tout ça dans une jolie cage dorée. Pas besoin de tirer les dés. Tu vas direct à la case prison.

(quelle couillonne ingénue)

Si j’avais su…

J’ai passé 15 ans à me crêper le chignon avec moi-même.

Têtue. Apeurée à l’idée de trahir une promesse d’adolescente murmurée dans les nimbes de mon cerveau fêlé un soir à la volée.

Putain de conflit de loyauté.

Pendant des années, j’ai attendu que ma vie change. Mais maintenant je sais que c’était elle, qui attendait que moi je change.

(la vie est une salope romantique)

La vie pense à tout. La vie ne lâche jamais (jamais) l’affaire. Tant que tu n’as pas compris la leçon, elle revient à la charge, de plus en plus fort. Jusqu’à briser les murs de ta cage dorée. Jusqu’à faire éclater ta carapace capitonnée.

Une nuit. Un claquement de doigt. Une révélation.

Elle ne m’a pas loupée. (faut pas toucher à ma loyauté)

(l’oiseau en cage rêve de nuages, ne jamais s’oublier, prendre son envol, ne jamais s’oublier, prendre son envol)

BOOM. (on a retrouvé le détonateur)

Elle a tout misé sur ma loyauté. Tactique : trahison. Arme : punching balls. (prends ça dans ta face)

Faut-il donc toujours se blesser pour arriver à se comprendre ?

(c’est la vie, pas le paradis)

Elle savait que la petite héroïne blottie dans la cage ne supporterait pas l’injustice.

Mon monde factice s’est effondré.

J’ai vu les 15 dernières années de ma vie défiler.

(mort, renaissance, résilience, vous choisissez)

On dit souvent : plus c’est long, plus c’est bon.

Ben j’vous assure que 15 ans à vivre dans le costume d’une autre, c’est plus que long, c’est une sinécure !

J’aime dire que c’était un mal pour un bien. Je n’ai pas mis longtemps à m’en rendre compte.

Intérieurement, ça hurlait « liberté ».

(encaisser le pire pour vivre le meilleur)

J’ai appelé ça le sursaut de l’empereur (aka le cœur).

Bats, mon cœur

Et sors

De ce corps

Allez hop

Speed encore

Mon cœur, sors

Sors

De ce corps

Allez hop

Allez hop

Speed encore 

(Zazie)

Part. 3

Soon.

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